aujourd'hui dans la rue et demain on continue!!!
La manifestation contre le CPE a réuni hier entre 5.000 et 6.000 personnes dans les rues de Tours. Une mobilisation en nette progression malgré des conditions météo très mauvaises.
Le Bon Dieu n'était pas avec les manifestants hier : une pluie froide et continue avait débuté dès midi, de quoi freiner le plus motivé des manifestants anti-CPE. Mais cela n'a pas suffi à calmer les ardeurs revendicatrices des Tourangeaux : ils étaient en effet beaucoup plus nombreux que lors de la manifestation précédente juste avant les vacances de février.
Pour une fois, les comptages de la police et des syndicats ne divergent pas de manière caricaturale : 5.000 selon la première, environ 6.000 selon les seconds. Ce qui paraît tout à fait vraisemblable. En tout cas, ce chiffre atteste d'une montée en puissance des opposants au CPE.
Ce qui a fait pencher la balance cette fois-ci, ce sont les jeunes. Ils avaient été plutôt absents en février, ils étaient hier quasiment les plus nombreux, à tout le moins la moitié du cortège. Les lycéens s'étaient mobilisés dès le matin : « On s'est organisés pour faire le tour des lycées du centre-ville », confiait Corentin, lycéen à Balzac. « Nous sommes allés à Descartes, et Paul-Louis-Courier pour faire de l'info dans les classes. D'autres sont allés à Choiseul, Vaucanson et Arsonval. » Entre 500 et 600 lycéens sont descendus du lycée Grandmont vers le lieu de ralliement de la place de la Liberté (ex-Thiers).
Là, les organisations syndicales ont décidé de laisser tous les jeunes en tête de cortège. « Ils ont été à la tête de la lutte depuis des semaines, il est normal qu'ils défilent en tête », expliquait Gilles, un responsable CGT.
Exit donc le service d'ordre de la CGT, ce qui aura une certaine influence sur la suite des événements. Trois mille lycéens et étudiants ouvraient la marche, dans une ambiance bon enfant (« festive », dira même un policier). Pour la plupart, c'était sans doute le baptême du feu : au lieu de laisser de l'espace entre les rangs pour faire nombre, ils défilaient en rangs ultra-serrés, ce qui ne facilitait guère leur comptage.
A bonne distance derrière eux, on retrouvait la même banderole intersyndicale jaune qu'il y a quelques semaines : Unef, CGT, FO, CFTC, CFDT, Unsa, FSU et Solidaires, avec pour seul slogan « Retrait du CPE ». On notait la présence de délégation d'entreprises privées, Mame, TLD Montlouis, Safety, STMicroélectronics, Crédit Agricole, etc. Quelques partis politiques aussi, en fin de cortège : PS, PCF, LCR, LO, les Verts.
Des œufs sur le commissariat
Le cortège atteignait la place Jean-Jaurès quand la queue n'avait pas encore franchi le carrefour Boisdenier. C'est alors qu'il y eut un moment de flottement. Normalement, le cortège aurait dû continuer rue Nationale. Mais les lycéens, poussés par un petit groupe de gens plus âgés, ont tourné à gauche boulevard Heurteloup, pour remonter ensuite la rue Marceau et s'arrêter devant le commissariat.
Les choses auraient pu dégénérer rapidement après quelques lancers d'œufs, d'autant plus que les syndicats hésitaient sur la conduite à tenir : ne rien changer à l'itinéraire, ou suivre les jeunes. Après quelques minutes de palabres, c'est la deuxième solution qui fut choisie, pour ne pas laisser les adolescents seuls.
Mais c'est dans la confusion que s'est terminée la manifestation, les syndicats donnant l'ordre de dispersion peu après, une fois écarté tout danger de dérapage.
Ce fut la seule fausse note.